Les concessionnaires ne parlent plus de prix mais de remise.
Trouver des acquéreurs devient de plus en plus difficile. Car
l'acheteur se demande si demain ne sera pas moins cher qu'aujourd'hui.
En
francs de l'ancien siècle, la somme paraît encore plus rondelette. Les
remises de plus de 30 000 francs (5 000 €), trois «briques» selon le
langage populaire, sont maintenant, si on ose dire, monnaie courante
dans l'automobile. N'imaginez pas qu'elles ne concernent que les
véhicules de luxe. Non, nous parlons de la voiture de M. Tout-le-Monde.
Celles qui, dans le jargon des concessions, se situent dans les
segments «M1» ou «M2». C'est-à-dire, par exemple, une Renault Mégane,
une VW Golf, ou une Peugeot 407, une Mercedes Classe C.
Pour les
véhicules qui dépassent cette taille, les 4 × 4 et les mal-aimées, le
massacre se poursuit avec encore plus de cruauté. En concessions, comme
nous l'avons constaté, on propose d'emblée moins 17% sur un Ford S-Max
dans le nord de la région parisienne. Chez les mandataires, on se situe
au-delà de 20% : moins 27% sur un Koleos 150 dCi, moins 33-34% sur
certains modèles Laguna. Sur une Opel Zafira, après une remise de
4 000 €, un week-end dans un Relais & Châteaux a été proposé à un
éventuel acheteur ! Pour les occasions récentes, maintenant plus ou
moins au même prix que «l'ancien neuf», leur trouver un acquéreur
devient mission impossible.
Et le tocsin de cette
Saint-Barthélemy qui menace l'automobile n'a pas fini de sonner. Devant
une telle dégringolade, l'acheteur joue l'attente. Ce qui contribue à
étrangler la demande et donc à faire baisser encore un peu plus les
prix. Peut-on le blâmer de vouloir différer son achat ?
«Des
autos, il y en a partout en Europe. Certains stocks d'importateurs
dépassent une année de vente. C'est bien simple : les déstockeurs comme
nous ont l'impression d'être dans la peau d'obsédés sexuels à qui on
aurait ouvert les portes d'un harem ! Nous embauchons déjà une bonne
quinzaine de personnes pour faire face à une prévisible et massive
augmentation de notre activité» , résume avec gourmandise Thierry
Koenig, le patron d'Auto-IES, l'un des plus gros mandataires français.
Le marché intoxiqué par les petites voitures
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